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fantasticmrfox

http://movies.yahoo.com/premieres/14824491/standardformat

J’y suis tellement. Pour faire passer le goût amer que m’a laissé le visionnement de The Darjeeling Limited. Anderson devait tripper des bulles les deux mains dans les décors en carton. Comment faire plaisir au réalisateur complètement obsessionnel/compulsif/anal en soi. Quelque chose de différent pour une fois, tout en étant trop évident.

Avec le Where The Wild Things Are de Jonze en octobre, commencez à préparer le gamin en vous.

J ai tue ma mere

Ça m’a pris beaucoup de temps avant d’aller voir le film-événement, parce que je voulais y aller l’esprit vidé, sans considération pour la grosse patente médiatique avec en son centre, Dolan. Si chaque film québécois avait la même visibilité, créait la même commotion, nous critiques serions peut-être un peu plus alertes, ou justes, allez savoir. Mais je crois dans ce cas-ci que les critiques ont été un peu trop tièdes et polies pour un film de la trempe de J’ai tué ma mère. En avançant l’âge de Dolan comme s’il s’agissait d’un bouclier, plusieurs ont oublié de juger le film pour ce qu’il était, sans le paratexte, sans le conte de fées, sans les embellissements extérieurs. Si je ne peux donner autre chose comme preuve de ce que j’avance que cette critique, je suis convaincu que les détracteurs du film gagneront en nombre ou en force avec les années. À moins que Dolan relègue lui-même son premier bébé aux oubliettes.

Hubert (Xavier Dolan) n’aime pas sa mère Chantale (Anne Dorval), tout en l’aimant, le paradoxe. Il lui reproche son kitsch, sa façon de manger ses bagels le matin, son indifférence lorsque lui est demandé de dépasser ses fonctions de génitrice de base (nourrir et apporter son fils à l’école). Hubert cherche un contact, tout en refusant d’accepter qu’entre sa mère et lui, la communication est quasi impossible. Hubert lui cache tout de même son homosexualité, et annoncera à l’une de ses enseignantes (Suzanne Clément) qu’il ne peut rendre un papier sur le métier de sa mère, prétextant une mort fantasmée. Les tentatives infructueuses sont coupées lorsque Chantale, d’un commun accord avec un père autrement absent, envoie son fils dans un pensionnat en campagne, question de lui redresser un peu la colonne.

Si Hubert n’aime pas sa mère, il est nécessaire de se demander pourquoi le spectateur devrait l’aimer, lui. Peut-être parce qu’il est spécial, comme son enseignante Julie laisse entendre. Parce qu’il n’est pas comme les imbéciles congénitaux de son école secondaire, qui ne font que parler de Hockey et qui portent des vêtements aussi ringards que ceux de sa mère. Méprisant et condescendant envers tout ceux qui ne partagent pas les mêmes intérêts que lui (en dehors de la ville et de la banlieue, c’est rempli de rednecks), ne pouvant penser à autre chose qu’à son nombril, Hubert est l’enfant roi devenant adulte, monstre hybride qui a aussi la particularité de se considérer faisant partie d’une élite parce qu’à 15 ans il comprend et est touché par Musset et Cocteau. Hubert fait grincer des dents parce qu’il chigne, crie, insulte à tout de bras sa mère. Il ne s’est pas donné le bon rôle le Dolan que certains vont dire, soit, mais si je ne ressens aucune empathie pour le personnage plus que central de ton film (qui n’a aussi aucun humour en passant, sauf lorsqu’il est temps de dénigrer les autres), je ne peux me situer et prendre part au film. Que le conflit soit inexistant (non, mais qu’est-ce qu’il demande à sa mère, de tripper des bulles quand il lui parle de Pollock?) ou dissimulé (des indices portent à croire que Chantale a un passé trouble), reste que Dolan ne donne pas beaucoup de raisons au spectateur de supporter presque deux heures d’engueulades en boucle.

La mère jaune-orange, coincée entre son salon de coiffure et ses feuilletons télé, affublée d’une amie digne des pires pièces de théâtre d’été, ne parle pas, n’a aucun point de vue. Déphasée, sonnée par les montées de lait répétées de son fils, les seuls moments où elle se choque vraiment (la mort apprise, l’attente dans le stationnement du centre vidéo) sont ridiculisés par le scénario, au point où son identité est aspirée au profit des états d’âme profonds d’Hubert. Jusqu’à la toute fin du film, où un échange totalement incongru et sur le tas avec le directeur du pensionnat d’Hubert devrait nous émouvoir, ou à tout le moins nous mettre de son bord. Est-elle une victime parce qu’elle a élevé seule son fils? Mérite-elle les crises précieuses de ce dernier? Un peu plus de mise en contexte et un peu moins de répétitions aurait aidé.

Les acteurs se débattent avec un scénario qui aurait bénéficié de deux ou trois grosses (grosses) réécritures. Outre l’échange en fin de film, la volée d’Hubert administrée par deux jeunes de son ancienne école secondaire jure tellement par son conventionnalisme tombé des nues  que plusieurs ne se rappelleront probablement plus de la scène après visionnement. Torturé entre son bagage d’auteurs français appliqués et son décor banlieusard, Dolan accouche d’un scénario où les dialogues sonnent faux, où un seul mot rayé aurait donné plus de vie à une scène. Les personnages secondaires sont vulgairement mis de côté pour faire de la place à Dolan et Dorval, peu importe Julie, Antonin et sa mère, le père d’Hubert; ils sont des satellites. Livrés à eux-mêmes, qu’ils se débrouillent avec ce qu’ils ont.

La réalisation elle, on pourrait la qualifier, en étant généreux, d’amateure, sans une trace d’originalité. Décadrage qui déconcentrent, métaphores lourdes, pesantes. Tics empruntés, citations à outrance sans commentaire, la citation pour épater la galerie, pour le statut. On a beaucoup parlé de Wong Kar Wai, mais c’est à Gus Van Sant qu’est emprunté le plus sauvagement les particularités de la mise en scène. Montage d’images fixes, utilisation du format super 8; trône même au-dessus du lit d’Hubert une affiche de River Phoenix, vedette du My Own Private Idaho qui a probablement servi de squelette à son film. À l’image de la scène du dripping avec Hubert et Antonin, Dolan jette un peu n’importe quoi sur son canevas en espérant que ça colle.

Mais ça ne colle pas. J’ai beau m’y pencher sérieusement, avec toute la fausse objectivité qui m’est donnée d’avoir, je suis tout simplement incapable d’émettre un commentaire positif sur le film. Ok. Il a été fait par un jeune de 20 ans, il l’a écrit son satané scénario, mais c’est tout. Vous pouvez mettre ça sur le dos de son inexpérience, d’un budget manquant, d’un tournage précipité, reste que J’ai tué ma mère est un exercice aléatoire, brouillon, obscurcit par une proximité trop grande entre l’auteur et son sujet.

Toujours rapide pour dénicher les derniers mouvements cinématographiques qui sortent de nul part et qui aboutiront probablement à rien, je tombe par l’entremise d’une critique du film Humpday (qui faisait partie de la Quinzaine cette année à Cannes) sur le terme MUMBLECORE. De kossé?

On peut dire que c’est une extension DIY du «nouveau» cinéma «indépendant» américain qui fait des siennes depuis plus d’une vingtaine d’années. Premier signe que ça colle : les cinéastes mumblecore détestent déjà l’appellation.

Prenez des jeunes dans la mi-vingtaine (j’ai 25 donc je me permets de les appeler jeunes), filmez-les avec une caméra numérique pas trop chère ou avec du 16mm, laissez-les parler de leur vie  de semi bourgeois blanc post-diplômé universitaire et, surtout, de leurs relations amoureuses. Ces jeunes se connaissent, sont amis, et participent tous à la production du film (des miettes). Les comparaisons avec Rohmer et Cassavetes fusent déjà. Les représentants les plus importants du mouvement (Andrew Bujalski, Aaron Katz, Joe Swanberg) gagnent en expérience et sont courtisés par les studios américains.

Funny Ha Ha de Bujalski est probablement le film le plus connu du lot associé au qualificatif et la bande annonce, pardonnez la montée de lait du blanc bec collégien en moi, me donne envie d’en voir beaucoup plus. Pas étonnant venant du gars qui a a.d.o.r.é. Slacker.

On s’en reparle. Et allez voir la bande annonce de Humpday, l’antithèse de Brüno.

Parce que je suis trop occupé ces temps-ci pour répondre à «vous savez qui» et que je déteste laisser la page sans vie, je propose un jeu qui est joué sur pratiquement tous les blogues cinéma. Rien à gagner, sinon notre profonde estime.Film_1

Indice : la scène finale du film est située au même endroit.

N’imaginez pas que la tendance se maintiendra. Ça bouge, et d’ici peu nous pourrons discutailler des nos projets pour l’automne.

Home, vu par moncinema.cyberpresse.ca.

Dommage.

De drôle…

…les commentaires suivant la critique du dernier Transformers par Aleksi K. Lepage sur Cyberpresse. Autant que la critique elle-même? À vous de juger.

« Sincèrement, jamais je n’ai autant été choqué par le manque de respect d’un critique envers un film. La série Transformer représente pour des milliers de jeunes, l’apogé de l’univers fantastique. Il est vrai que Michael Bay est un producteur préférent souvent les explosions et les effets visuels au scénario de ces films. Cependant, Transformer : Revenge of the Fallen, est une adaptation quasi parfaite de l’unviers Hasbro et de l’histoire des Transformer. C’est pourquoi je vous trouve franchement culotté de traité ce film de ” Joyeuse cochonerie”.»

La plus impitoyable critique que j’aie lu jusqu’à présent au sujet du film se retrouve sur Film Freak Central. Je ne suis pas toujours d’accord avec Walter Chaw, mais rares sont les critiques qui ramassent un film qu’ils nont pas aimé avec autant de hargne.

Michael Bay est justement tanné des coups bas de la critique à cause de ses films moches à 200 000 000$ Déniché sur Canoë : « C’est facile de faire un film artistique dans un vignoble dans le sud de la France. Mais les gens n’ont aucune idée à quel point c’est difficile de faire un truc comme Transformers. Les critiques m’analysent avant même de voir le film. »

«Je dois faire quelque chose de tout à faire différent, sans explosions.»

Sans explosions Michael, vas-tu t’en rappeler?

D’un autre côté, i09 prennent l’objet de l’autre côté en le qualifiant de chef d’oeuvre artistique :

“And yet — and here’s the part where I really think ROTF approaches “art movie” status — the movie’s id overload reaches such crazy levels that the fabric of reality itself starts to break down. Michael Bay has boasted about how every single shot in the movie has so much stuff going on in it, it would take your PC since the dawn of time to render one frame. After a few hours of this assault, you feel the chair melt and the floor of the movie theater becomes an angry mirror into your soul. Nothing is solid, nothing is real, everything Transforms.”

Ça donne le goût.

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