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Hayao Miyazaki est-il infaillible? Si quelqu’un vous dit que son dernier film (qu’il a fallu attendre quatre ans) est son premier presque bide en vingt ans, ce quelqu’un serait-il un ogre sans cœur, celui qui vous annoncé bien avant l’âge de raison que le Père Noel n’existe pas?
Avouer un peu honteusement qu’on a pas été transporté jusqu’à notre chère et tendre enfance en voyant un film de Miyazaki, c’est assez pour faire des cauchemars où toutes les bébittes provenant de l’imagination fébrile du cinéaste nippon viendraient nous hanter jusqu’à la fin des temps. Pour ne pas être contaminé, allez voir le film et rétorquez-moi que je suis maintenant un peu trop vieux et con pour comprendre.
Sôsuke vit seul avec sa mère sur une île, son père en mer sur les bateaux. Il découvre un beau matin sur la plage près de sa maison une petite fille au corps de poisson la tête coincée dans un pot. Il la libère et la nomme Ponyo. Ponyo s’est enfuie du fond des mers, où son sorcier de père la retenait prisonnière, et tombe immédiatement en amour avec son sauveur. Mais l’idylle est de courte durée : son père la retrouve et la met en garde quant aux possibles dangers à côtoyer les êtres humains, qui détruisent la mer sans s’en soucier plus qu’il ne le faut. Ponyo s’enfuie tout de même, prête à se changer complètement en petite fille humaine afin d’être avec Sôsuke.
Les personnages sont sympathiques, mignons, c’est beau visuellement comme n’importe quel film du studio Ghibli, mais l’histoire en elle-même est une arrière-pensée, cousue un peu n’importe comment sans que personne ne s’en rende compte, peut-être parce que si c’est japonais, on accepte les faiblesses comme étant des particularités culturelles et excentriques. Sont sous-entendus des malédictions, des enjeux cataclysmiques, des conflits familiaux sous-marins déchirants; est offert plutôt un récit qui ne coule pas et une fin en queue de poisson (je me les permets ceux-là) où tout est bien qui fini bien sans avoir eu le temps de cligner des yeux. Si vous vous demandiez bêtement : est-ce que je devrais voir Ponyo? Je vous répondrai immédiatement : et pourquoi pas? C’est toujours beaucoup mieux que 90% des films d’animation pour enfants qui sortent sur nos écrans à chaque année (Up et Coraline se partagent le reste du 10% cette année) et comme il a déjà été dit, c’est ce critique qui n’a probablement pas les yeux en face des trous. Mais après Princesse Mononoke, Le voyage de Chihiro et Le château ambulant, cette proposition naïve, sans être décevante par son manque d’ambition (ou de flafla, selon le point de vue), semble ne pas aller au bout des idées que ses grandes lignes suggèrent.

Qui vous a dit que j’avais du coeur?
Je suis à presque tout point de vu d’accord avec ton approche.
La force antagoniste du film s’est l’explosion des pouvoirs incontrôlables – il faut un peu le deviner – de Ponyo issues de sa grande naïveté de jeune gamine, qui fait aussi sa force. Pourquoi? C’est la fille d’une force de la nature, point!
Tout au long de l’animation, on a aucune conscience réelle que c’est cette force qui guête nos petits n’amis. Et tout à coup, la lune est proche de la Terre, ce qui veut dire qu’un processus dangereux a été engendré par Ponyo. Comment sauver la planète? Par un tit bec! Facile? Oui! Cute? Oui! Léger? Oui! Mais je suis aussi conscient de la faiblesse structurale de la fin du film.
Ce que je déplorais surtout, c’était l’implication réelle de Sosuke, la valeur de sa présence comme protagoniste. Ses actions ne sont que rarement véritables et tout semble lui tomber du ciel comme par magie. En aucun cas il ne repousse ses limites. Ce qui nous amène vers un piège: malégr son omniprésence, est-il réellement LE protagoniste ou simplement un rôle de soutient omniprésent? Le film ne se nomme-t-il pas Ponyo on the cliff by the sea? Je crois sincèrement qu’il n’est là qu’en support à Ponyo qui elle, connait vraiment un changement drastique dans sa vie fait face à des murs tout au long du film et se surpasse continuellement en quête de son désir ultime: vivre sa vie et devenir une humaine! Et à la fin, elle n’hésite pas: Smack!
Et c’est sur ce point que je considère que le film vaut vraiment la peine d’être vu, mais il y avait matière à réflexion.